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Cycle menstruel et nutrition : ce que dit la science sur l’alimentation et les hormones féminines
Le cycle menstruel influence-t-il réellement les besoins nutritionnels et énergétiques des femmes ?
Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont largement popularisé le concept d’“alimentation selon les phases du cycle”. Certaines recommandations suggèrent de modifier totalement son alimentation au fil du mois afin d’optimiser l’énergie, les hormones ou encore la fertilité.
Mais que disent réellement les données scientifiques actuelles ?
Les recherches montrent effectivement que les variations hormonales du cycle menstruel peuvent influencer plusieurs paramètres physiologiques :
-
l’appétit ;
-
la dépense énergétique ;
-
la glycémie ;
-
la température corporelle ;
-
certaines réponses à l’effort ;
-
ou encore la récupération.
Cependant, les effets observés restent variables d’une femme à l’autre et les études ne permettent pas toujours d’établir des recommandations universelles.
Dans cet article, nous allons faire le point sur les connaissances scientifiques actuelles concernant le lien entre cycle menstruel, nutrition, énergie et métabolisme.
Le cycle menstruel influence-t-il le métabolisme ?
Le cycle menstruel est principalement rythmé par deux hormones :
-
les œstrogènes ;
-
la progestérone.
Ces hormones ne jouent pas uniquement un rôle reproductif. Elles influencent également différents systèmes de l’organisme, notamment :
-
le métabolisme énergétique ;
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la régulation de l’appétit ;
-
la température corporelle ;
-
le système nerveux ;
-
et certaines adaptations à l’exercice physique.
Le cycle se divise généralement en plusieurs phases :
-
les règles ;
-
la phase folliculaire (avant l’ovulation) ;
-
L'ovulation ;
-
la phase lutéale (après l’ovulation).
La littérature scientifique suggère que certaines modifications physiologiques apparaissent surtout durant la phase lutéale, lorsque la progestérone augmente.
Une augmentation des besoins énergétiques en phase lutéale ?
Plusieurs études ont observé une augmentation spontanée des apports énergétiques durant la phase lutéale.
Autrement dit, certaines femmes mangent naturellement davantage après l’ovulation et avant les règles.
Cette augmentation pourrait être liée :
-
à la hausse de la progestérone ;
-
à une augmentation du métabolisme de repos ;
-
aux variations de certains neurotransmetteurs impliqués dans l’appétit.
Certaines recherches montrent également une légère augmentation de la dépense énergétique au cours de cette période.
Cela pourrait expliquer pourquoi certaines femmes ressentent :
-
davantage de faim ;
-
des envies de sucre ;
-
une fatigue plus importante avant les règles.
Toutefois, ces effets restent très variables selon les individus.
Toutes les femmes ne constatent pas de changements marqués de l’appétit ou des besoins énergétiques au cours du cycle.
Pourquoi les fringales augmentent-elles avant les règles ?
Les fringales prémenstruelles sont fréquemment rapportées.
Plusieurs mécanismes physiologiques pourraient contribuer à ces sensations.
Les variations hormonales
La phase lutéale est caractérisée par une augmentation de la progestérone et une diminution progressive des œstrogènes en fin de cycle.
Ces fluctuations hormonales pourraient influencer :
-
la satiété ;
-
les envies alimentaires ;
-
la régulation émotionnelle ;
-
et certains circuits cérébraux liés à la récompense.
Les variations de glycémie
Certaines études suggèrent que la sensibilité à l’insuline pourrait varier au cours du cycle menstruel chez certaines femmes.
Cela pourrait favoriser :
-
des variations d’énergie ;
-
des fringales ;
-
ou des envies plus importantes d’aliments riches en glucides.
Cependant, les résultats scientifiques restent hétérogènes et les mécanismes exacts ne sont pas encore totalement établis.
Le rôle du stress et du sommeil
Le stress chronique, le manque de sommeil ou le déficit énergétique peuvent également accentuer les symptômes prémenstruels.
Chez certaines femmes, la phase lutéale semble être une période où le corps devient plus sensible :
-
au stress ;
-
à la restriction alimentaire ;
-
au manque de récupération.
Faut-il adapter son alimentation selon les phases du cycle ?
À l’heure actuelle, les données scientifiques ne permettent pas de définir une alimentation universelle idéale pour chaque phase du cycle menstruel.
En revanche, certaines approches semblent cohérentes au regard des connaissances actuelles.
Éviter le déficit énergétique chronique
Le corps féminin est particulièrement sensible au manque d’énergie.
Un déficit énergétique prolongé peut contribuer à :
-
des troubles du cycle ;
-
une diminution de l’ovulation ;
-
une fatigue importante ;
-
une récupération plus difficile ;
-
ou des perturbations hormonales.
L’un des objectifs principaux reste donc de couvrir suffisamment les besoins énergétiques (cf. article dédié sur le sujet ici).
Soutenir la récupération et la glycémie
Des repas suffisamment équilibrés peuvent aider à :
-
stabiliser l’énergie ;
-
améliorer la récupération ;
-
limiter certaines fringales excessives.
Il peut être intéressant d’intégrer :
-
des protéines de qualité ;
-
des glucides complexes ;
-
des fibres ;
-
et des bonnes graisses.
Observer ses propres sensations
Toutes les femmes ne vivent pas leur cycle de la même manière.
Certaines ressentent :
-
davantage de fatigue avant les règles ;
-
des fringales marquées ;
-
une baisse des performances sportives ;
-
ou des variations importantes d’énergie.
D’autres ne remarquent presque aucun changement.
L’approche la plus pertinente reste souvent individualisée et basée sur l’observation des sensations personnelles plutôt que sur des règles rigides.
Ce que la science ne permet pas d’affirmer aujourd’hui
Les réseaux sociaux diffusent parfois des recommandations très affirmatives concernant le “cycle syncing”.
Pourtant, plusieurs limites existent dans la littérature scientifique actuelle :
-
les études sont parfois de petite taille ;
-
les méthodologies diffèrent ;
-
les résultats restent variables ;
-
et les effets observés ne sont pas systématiques.
À ce jour, il n’existe donc pas de consensus scientifique solide permettant d’affirmer qu’il faut modifier radicalement son alimentation à chaque phase du cycle.
L’objectif n’est pas de contrôler davantage son alimentation, mais plutôt de mieux comprendre le fonctionnement physiologique du corps féminin.
Le cycle menstruel influence effectivement certains paramètres physiologiques liés à l’énergie, à l’appétit et au métabolisme.
Les recherches scientifiques montrent notamment :
-
une possible augmentation des besoins énergétiques en phase lutéale ;
-
des variations de l’appétit chez certaines femmes ;
-
et des différences individuelles importantes dans les ressentis.
Cependant, il n’existe pas aujourd’hui d’alimentation universelle parfaite pour chaque phase du cycle.
L’approche la plus cohérente consiste surtout à :
-
éviter le déficit énergétique chronique ;
-
soutenir la récupération ;
-
observer ses sensations ;
-
et adapter son alimentation et son mode de vie aux besoins réels du corps.
Mieux comprendre son cycle grâce à un bilan de vitalité peut devenir un outil précieux pour accompagner son énergie, son équilibre hormonal et sa santé globale de manière plus individualisée.
FAQ
Le cycle menstruel influence-t-il réellement l’appétit ?
Oui, certaines études montrent une augmentation spontanée des apports énergétiques en phase lutéale chez certaines femmes.
Pourquoi ai-je plus faim avant mes règles ?
Les variations hormonales, les modifications de la glycémie et l’augmentation possible des besoins énergétiques pourraient expliquer ces sensations.
Faut-il manger différemment selon les phases du cycle ?
Les données scientifiques ne permettent pas d’établir de règles universelles. L’approche la plus pertinente reste individualisée.
Le déficit énergétique peut-il perturber le cycle menstruel ?
Oui. Un déficit énergétique chronique peut influencer l’ovulation, les hormones et la régularité du cycle.
Sources
-
Barr SI, Janelle KC, Prior JC. Energy intakes are higher during the luteal phase of ovulatory menstrual cycles.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7972403/
-
Buffenstein R, Poppitt SD, McDevitt RM, Prentice AM. Food intake and the menstrual cycle: a retrospective analysis.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23422934/ -
Oosthuyse T, Bosch AN. The effect of the menstrual cycle on exercise metabolism and performance in women.
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Elliott-Sale KJ, et al. Methodological considerations for studies in sport and exercise science with women as participants.
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Burke LM, Lundy B, Fahrenholtz IL, Melin AK. Pitfalls of conducting and interpreting estimates of energy availability in free-living athletes.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29952836/ -
McNeil J, Doucet É, Chaput JP. Inadequate sleep as a contributor to obesity and type 2 diabetes.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24732909/