- Accueil-naturopathe Bérénice Corre à Saint-Avé, près de Vannes (Morbihan)
- Actualités
- Déficit énergétique et hormones : comprendre le lien chez la femme sportive
Déficit énergétique et hormones : comprendre le lien chez la femme sportive
Le déficit énergétique est une situation de plus en plus fréquente chez les femmes actives et sportives. Il survient lorsque les apports alimentaires ne suffisent pas à couvrir les dépenses énergétiques liées au sport, au stress et à la vie quotidienne.
Ce déséquilibre, souvent invisible au départ, peut avoir un impact important sur le système hormonal féminin, notamment sur le cycle menstruel, la fertilité et l’équilibre global de l’organisme.
Dans le domaine scientifique, on parle aujourd’hui de Low Energy Availability (LEA) et, dans les cas plus avancés, de Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S).
Qu’est-ce que le déficit énergétique ?
Le déficit énergétique correspond à une situation dans laquelle :
L’énergie consommée est insuffisante par rapport à l’énergie dépensée.
Il ne s’agit pas uniquement de “manger trop peu”, mais plutôt d’un déséquilibre chronique entre apports et dépenses.
Cela peut être involontaire et concerner de nombreuses femmes sportives :
-
entraînements intenses,
-
vie active et stress élevé,
-
alimentation insuffisante ou mal répartie,
-
volonté de contrôle du poids ou de la composition corporelle.
Comment le corps réagit au déficit énergétique ?
Le corps humain est programmé pour survivre avant tout. Lorsqu’il détecte un manque d’énergie, il met en place des mécanismes d’adaptation.
Il va prioriser les fonctions vitales :
-
respiration,
-
fonctionnement du cerveau,
-
régulation de la température,
-
activité cardiaque.
En parallèle, il réduit l’énergie allouée à certaines fonctions dites “non essentielles à court terme”, notamment :
-
la reproduction,
-
la fonction ovarienne,
-
la production hormonale.
Ce phénomène est central dans la compréhension des troubles hormonaux liés au sport et à l’alimentation.
Impact du déficit énergétique sur les hormones féminines
De nombreuses études montrent qu’une faible disponibilité énergétique perturbe l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien, responsable de la régulation hormonale féminine.
Les conséquences peuvent inclure :
🔹 Troubles du cycle menstruel
-
cycles irréguliers,
-
allongement des cycles,
-
aménorrhée (absence de règles).
🔹 Déséquilibres hormonaux
-
baisse des œstrogènes,
-
perturbation de la progestérone,
-
diminution de la fonction ovarienne.
🔹 Effets systémiques
-
fatigue persistante,
-
baisse de récupération,
-
diminution des performances sportives,
-
fragilité osseuse et immunitaire.
Selon une revue scientifique publiée dans Sports Medicine, ces perturbations hormonales peuvent apparaître en seulement quelques jours de déficit énergétique sévère et prolongé, et affecter plusieurs axes endocriniens en plus du cycle menstruel .
Le lien avec le syndrome RED-S
Le déficit énergétique est aujourd’hui reconnu comme le facteur central du syndrome appelé Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S).
Ce syndrome regroupe un ensemble de conséquences liées à un manque chronique d’énergie disponible :
-
troubles hormonaux,
-
altérations métaboliques,
-
baisse de l’immunité,
-
diminution de la densité osseuse,
-
impact sur la performance sportive.
Chez les femmes, il est souvent associé à des troubles du cycle menstruel et à une baisse des hormones sexuelles
Ce que montrent les études scientifiques.
Les recherches récentes confirment que :
-
une faible disponibilité énergétique perturbe rapidement les hormones reproductives,
-
les athlètes féminines sont particulièrement à risque,
-
les déséquilibres hormonaux peuvent apparaître avant même l’arrêt des règles,
-
le système hormonal est sensible aux variations d’énergie, même à court terme.
Une étude sur des athlètes féminines d’endurance a également montré une diminution des œstrogènes et une augmentation du cortisol chez les femmes en déficit énergétique, accompagnées de troubles menstruels fréquents .
Pourquoi les femmes sportives sont particulièrement concernées ?
Les femmes actives et sportives cumulent plusieurs facteurs de risque :
-
dépenses énergétiques élevées,
-
pression de performance ou de composition corporelle,
-
manque de récupération,
-
alimentation parfois insuffisante ou mal adaptée.
Cela crée un terrain propice au déficit énergétique chronique, souvent sans prise de conscience immédiate.
Peut-on inverser la situation ?
Oui. Le déficit énergétique et ses impacts hormonaux ne sont pas une fatalité.
L’amélioration passe généralement par :
-
une augmentation adaptée des apports énergétiques,
-
une réduction de la charge d’entraînement si nécessaire,
-
une meilleure récupération,
-
un accompagnement global (nutrition, stress, sommeil).
Le corps est capable de rétablir son équilibre hormonal lorsque l’énergie redevient suffisante.
Le déficit énergétique est un facteur clé souvent sous-estimé dans les troubles hormonaux féminins.
Il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement du corps, mais d’une adaptation biologique intelligente à un manque d’énergie disponible.
Comprendre ce mécanisme est essentiel pour prévenir les troubles du cycle, la fatigue chronique et les déséquilibres hormonaux chez les femmes sportives.
Chaque femme est différente et un bilan de vitalité en naturopathie permet d'identifier les meilleures solutions pour adapter l'alimentation et le mode de vie à ses objectifs et à ses contraintes personnelles.
Sources scientifiques
-
Jagim AR et al. (2022) — Contributing factors to low energy availability in female athletes
https://www.mdpi.com/2072-6643/14/5/986
👉 https://www.mdpi.com/2072-6643/14/5/986 -
Mountjoy M. et al. — IOC consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S)
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34077990/
👉 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34077990/
-
Loucks AB et al. — étude fondatrice sur la perturbation hormonale liée au manque d’énergie
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10200356/
👉 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10200356/ -
Springer / Sports Medicine (2024) — effets du low energy availability sur les hormones reproductives
https://link.springer.com/article/10.1007/s40279-024-02065-6
👉 https://link.springer.com/article/10.1007/s40279-024-02065-6
-
Mountjoy M. et al. (2022) — revue sur RED-S et santé des athlètes
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36479178/
👉 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36479178/ -
Coelho AR et al. (2021) — Female Athlete Triad & RED-S
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10304901/
👉 https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10304901/* -
Ackerman KE et al. — effets du déficit énergétique sur santé et performance
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31984718/
👉 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31984718/ -
Étude sur athlètes féminines endurance et déséquilibres hormonaux liés au LEA
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12916108/
👉 https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12916108/
-
RED-S & adaptations endocriniennes (axe hypothalamo-hypophysaire)
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7146210/
👉 https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7146210/